Métropole

Mes chers amis,

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Comme vous le savez je me bats aux côtés de 107 autres maires des Bouches du Rhône contre le projet de Métropole marseillaise intégrée que le gouvernement souhaite imposer à notre région et à ses habitants.

Je souhaite vous exposer les raisons pour lesquelles je refuse ce projet.

UN COMBAT POUR LA PROXIMITE

Le projet de Métropole met aujourd’hui en péril le devenir des petites communes. En effet, il est prévu 25 vice-présidents, alors que notre communauté d’agglomération en compte 10 de plus! Cette sous représentation des collectivités, dont les plus petites seront les premières victimes, m’inspire cette critique acerbe d’Honoré de Balzac:

« Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites ».
Honoré de BALZAC

La toile n’est pas encore tissée, nous pouvons l’empêcher. Mais pour cela, il nous faut dépasser le simple débat droite-gauche. Je m’étais opposé à ce projet sous le précédent gouvernement, car ce qui est en jeu, c’est l’action de proximité des maires qui est le garant du lien indispensable entre les élus et les citoyens. Comment pourrions-nous réveiller l’intérêt de nos compatriotes pour le débat public si nous les éloignons encore un peu plus de leurs élus?

Les élections municipales sont celles qui mobilisent le plus, du fait de la proximité des élus municipaux et de leurs administrés. Distendre ce lien serait affaiblir la démocratie locale.

 

LA LEGITIMITE DES MAIRES DOIT L EMPORTER FACE A LA TECHNOSTRUCTURE

L’argument principal qui a justifié cette réforme était de mettre fin au mille feuilles institutionnel qui diluait la responsabilité et la visibilité de l’action publique.

Nous sommes en droit de nous interroger sur le remède que l’Etat souhaite nous imposer. En remplaçant nos EPCI à taille humaine, dans lesquels les villages et les petites communes peuvent se faire entendre en participant à l’exécutif,  par une structure moins lisible, moins représentative, et plus technocratique, dans laquelle les plus petites collectivités n’auront qu’un rôle passif, au mieux consultatif, c’est encore une fois le pouvoir de la technocratie qui est renforcé au détriment de la légitimité démocratique des maires, et la décentralisation qui fait un pas en arrière.

Comment imaginer une seule seconde que l’urbanisme ou le logement social sur Trets soient décidé à Marseille ?

LA METROPOLE N’EST PAS LA REPONSE AUX PROBLEMES DE MARSEILLE

Ce n’est pas en créant une nouvelle structure que les problèmes disparaitront. L’insécurité, le chômage, les difficultés financières, relèvent de la responsabilité de la ville de Marseille et de l’Etat. Les apports de la Métropole ne seront que marginaux. Face à une situation de crise, Marseille a besoin de plus de politique, plus de proximité, de voir les pouvoirs de la commune renforcés, et non transférés à une autorité impersonnelle et abstraite.

Je rajoute que le Sénateur- Maire des 4e et 5 e arrondissements de Marseille, Bruno GILLES, refuse-lui même ce projet en ces termes :

« On va casser les plus petits EPCI qui fonctionnent bien, alors que la seule qui ne marche pas c’est la communauté urbaine de Marseille, dont le président n’arrive pas à gérer le quotidien de la grande ville et des [17] autres. Comment ferait-il avec 80 communes ? Sur ce point, je ne suis pas certain que [l'idée en éflexion du côté de l'Etat de] la création de pôles de proximité – qui regrouperaient des communes sur des périmètres qui seraient à peu près des EPCI – fonctionne. »

Il est d’ailleurs rejoint sur cette position par la Sénatrice socialiste de Marseille Samia GHALI.

LA PROXIMITE : UNE REPONSE A LA CRISE POLITIQUE

Vous l’avez compris, ce débat n’est pas partisan, il a vocation à transcender les clivages politiques. La question qui se pose est celle de l’échelle de pertinence pour apporter une réponse à la crise. Cette crise est économique, financière et sociale. Ce genre de contexte porte en germe une crise politique, dans laquelle les citoyens rejettent les partis républicains ou se désintéressent de la chose publique. Il est de notre responsabilité d’empêcher l’émergence d’une telle crise.

Pour cela les maires ont un rôle majeur à jouer par leur proximité au quotidien avec leurs administrés. Nous sommes les garants du sentiment de citoyenneté. Remettre en question les bases mêmes de ce lien, reviendrait à faire le lit d’une crise politique qui n’a jamais été aussi proche.

CE QUE NOUS PROPOSONS

Aucune opposition crédible ne peut se construire sans proposition. Nous sommes dans une logique constructive. Sur le modèle d’un syndicat mixte, les collectivités ont vocation à travailler main dans la main sur des projets transversaux qui dépassent les questions de territoire. Il s’agit des transports, de l’université, du développement économique, des zones portuaires….

Cela peut se faire à travers un EPOC (Etablissement Public Opérationnel de Coopération).

108 maires des Bouches du Rhône, de gauche comme de droite, dont certains appartiennent à la communauté urbaine de Marseille,  refusent cette Métropole intégrée.

Nous en appelons au bon sens qui doit l’emporter.

Ce que nous demandons, c’est une association, et non une absorption.

Au nom de la démocratie locale, de la défense du territoire, du besoin de proximité, je vous demande, mes chers amis, de m’aider dans ce combat.

Jean-Claude FERAUD

Maire de TRETS

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